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Cultiver des plantes sauvages

Acteurs du Paris durable - Cultiver des plantes sauvages
6 acteurs sont intéressés
Mots clefs : bricoleur, jardinier
Fatigué du paysage béton-vélo-serpillère des balcons parisiens ? Offrez à votre ville un lifting verdoyant et luttez contre l'extinction des espèces en installant une jardinière sauvage sur le bord de votre fenêtre.

L'essentiel

Quelques bonnes raisons de cultiver des plantes sauvages

  • Parce que ça vous donne un petit côté aventurier, ces plantes sauvages…
  • Pour redécouvrir armoises, passerages et cardamines avec abeilles, fourmis et peut-être coccinelles
  • Pour annoncer à la fin d’un repas à vos enfants qu’ils viennent de manger une soupe d’orties et voir leur réaction

Brève définition

Cultiver des plantes sauvages consiste à redonner un peu d’espace à la biodiversité, dans ses jardinières, sur les terrasses ou les balcons, sur les rebords de fenêtres, etc. Vous pouvez attendre de voir ce qui s’y implantera, ou choisir des plantes faciles d’entretien, qui offriront gîte et couvert aux petits insectes parisiens et aux oiseaux.

Le saviez-vous ?

Le contexte, les enjeux

  • Aujourd'hui le taux d'extinction des espèces est 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. En favorisant l’installation de certaines plantes sauvages vous participez à votre façon au maintien de la biodiversité en ville
  • Le morcellement des habitats en ville aujourd’hui empêche la circulation des espèces animales et végétales, et se fait de plus en plus rapidement (rapidité d’artificialisation des sols a augmenté de 30% en 10 an). En cultivant des plantes sauvages, vous accompagnez la mise en œuvre du plan biodiversité de Paris qui contribue à résoudre ce problème et à favoriser la diversité des paysages.
  • La Mairie de Paris met en place des réserves d’évolution naturelle, dans le cadre du plan Biodiversité de la capitale, afin de favoriser et de protéger la biodiversité à Paris. Actuellement les plantes cultivées par l’homme sont des espèces horticoles sélectionnées pour un service particulier (alimentaire, textile, etc.) elles sont devenues aussi plus fragiles et leur culture intensive contribue à la perte de la richesse génétique. Cultiver les plantes sauvages c’est préserver le patrimoine naturel végétal.

Quelques chiffres clés

Près d'une plante sauvage sur trois est menacée de disparition en Ile-de-France (source - Museum d’Histoire Naturelle)

Petite histoire parisienne

Une mare, une prairie, un sous-bois, des libellules, des coquelicots et des oiseaux : la nature champêtre surgit, inattendue, au pied du cimetière du Père-Lachaise, dans le Jardin naturel. Ce jardin public réalisé par la Ville de Paris reconstitue les milieux naturels d’Ile-de-France, de plus en plus rares, qui abritent une grande diversité biologique. Ici, pas d'arrosage, ni de tonte : les plantes sauvages fleurissent, fanent, fructifient et offrent gîte et couvert à toute une petite faune.

Il est situé au - 120, rue de la Réunion - 20ème - M° Alexandre-Dumas - Bus 26, 76 et accessible aux personnes à mobilité réduite.

Il est ouvert de 7h30 - entre 17h30 et 22h selon le coucher du soleil en semaine 9h - entre 17h30 et 22h selon le coucher du soleil les week-ends et jours fériés.

Ils l'ont fait

Un exemple

Qui ?

Palais de Tokyo

Quoi ?

Le Palais de Tokyo a fait appel à des architectes et paysagistes pour aménager un jardin dans l'espace en friche situé sur l’avenue Wilson, à quelques pas du Palais. Un véritable défi se présentait à eux : le jardin sauvage est situé dans une fosse inutilisable et à l'ombre. Seuls certains types de plantations adaptées à des conditions extrêmes pouvaient s’y développer. L'atelier BALTO a transformé ce petit espace, où 150 espèces différentes de végétaux se côtoient, en un véritable lieu de vie. Il est entièrement visitable et totalement gratuit pour un petit moment d'évasion en plein Paris.

Une vraie « cuve » de biodiversité au cœur de Paris !

Où ?

Jardin Sauvage du Palais de Tokyo

13 Avenue du Président Wilson

75016 Paris

À vous de jouer

 

Par où commencer ?

Organiser

1 Identifiez les conditions climatiques propres à l’espace de culture : ensoleillé, ombragé, venté ou non, exposé à la pluie ou non, etc.
2 Choisissez les plantes qui répondent à ces contraintes ou attendez que les plantes colonisent spontanément les jardinières (approche non interventionniste).
3 Choisissez les contenants en fonction des exigences des plantes. Certaines ont peu d’exigences en eau parce qu’elles disposent de racines profondes. D’autres plantes de milieux secs stockent l’eau dans leurs tissus et disposent au contraire de racines superficielles.
4 Il faudra aussi choisir les substrats appropriés (milieu dans lequel vont pousser vos plantes): l’ortie n’a ainsi pas les mêmes exigences que le sedum âcre même si ces deux plantes poussent spontanément à Paris.

Exemple de jardinières favorables à la faune et flore sauvage

  • Une jardinière de plantes de friche

- Substrat : terreau avec apport régulier de marc ou engrais organique (lombricompost par exemple)

- Exposition : ensoleillée, mi-ombre

- Profondeur du contenant minimum : 20 cm

- Plantes typiques de ce milieu : grande ortie (Urtica dioica), onagre bisannuelle (Oenothera biennis), linaire commune (Linaria vulgaris), avoine élevée (Arrhenatherum elatius), mauve sylvestre (Malva sylvestris), armoise commune (Artemisia vulgaris), etc.

  • Une jardinière de plantes de prairie sèche

- Substrat : terre de jardin, sable grossier, graviers

- Exposition : ensoleillée

- Profondeur du contenant  minimum : 15 cm

- Plantes typiques de ce milieu : oeillet des chartreux (Dianthus carthusianorum), brize intermédiaire (Briza media), géranium sanguin (Geranium sanguineum), euphorbe petit-cyprès (Euphorbia cyparissias), réséda jaune (Reseda lutea), carotte sauvage (Daucus carota), achillée millefeuille (Achillea millefolium), etc.

  • Une jardinière de plantes de sous bois

- Substrat : terreau avec apport d’engrais organique ou de marc de café (une fois par mois entre mars et août)

- Exposition : mi ombre, ombre

- Profondeur du contenant minimum : 20 cm

- Plantes typiques de ce milieu : ail des ours (Allium ursinum), anémone des bois (Anemone nemorosa), jacinthe des bois (Hyacinthoides non scripta), muscari (Muscari neglectum), géranium herbe à Robert (Geranium robertianum)

  • Une jardinière de plantes qui accompagnent les cultures (messicoles) 

- Substrat : terre de jardin et terreau

- Exposition : ensoleillée, mi ombre

- Profondeur du contenant  minimum : 15 cm

- Plantes typiques de ce milieu : coquelicot (Papaver rhoeas), nielle des blés (Agrostemma githago),  bleuet (Centaurea cyanus), brome fausse-orge (Bromus hordeaceus), tulipe sauvage (Tulipa sylvestris), nigelle des champs (Nigella arvensis)

- Rendez-vous sur le blog "Ça se passe au jardin" pour découvrir toutes ces plantes en photo.

Motiver

  • Associez l’ensemble des occupants du logement à la démarche : présentez le projet, les enjeux et les objectifs de manière claire et ludique.

  • Organisez une sortie de découverte d’un milieu naturel : prairie, friche, bois, le Jardin Naturel, le Jardin Sauvage Saint-Vincent, etc.

  • Mettez en place un inventaire participatif des plantes sauvages du quartier pour changer de regard.

  • Ajoutez des aménagements favorables à la nidification, à l’hivernage et à l’observation d’animaux sauvages : nichoirs à oiseaux et abris à insectes, etc.

  • Mettez en avant les arguments économiques et écologiques : développement de la biodiversité, rusticité des plantes régionales, facilité à produire les plantes soi-même à partir de graines prélevées avec parcimonie en milieux naturels, etc.

Financer

  • Cultivez des plantes sauvages ne coûte pas très cher, puisque les choses doivent se faire naturellement : pas d’achat de graines, de pesticides, etc.

  • Utilisez des matériaux de récupération pour fabriquer des jardinières à moindre frais.

Les astuces

Les clés du succès

  • La curiosité et le goût de l’observation sont essentiels. N’hésitez surtout pas à consacrer du temps à observer !
  • Le reflexe « récup » ! Récupérez le bois de palette déposé au coin de la rue pour réaliser vos contenants et choisissez de semer des graines récoltées ou échangées lors d’un troc plutôt que de planter des végétaux issus de jardineries dont vous ne maîtrisez pas la provenance.

Vigilance

  • Assurez-vous que le règlement de la copropriété autorise la culture de plantes sur le rebord de fenêtre.

Outils et infos pratiques

Lieux de renseignement

  • La Maison Paris Nature au Parc Floral présente un parcours autour des aménagements écologiques favorables à la faune et flore sauvages.
  • La Maison du Jardinage dans le parc de Bercy conseille et donne des astuces pour jardiner en ville à peu de frais.
  • Le réseau des jardins partagés de Paris

Guides

  • ALBOUY V. Jardinez avec la nature. Les bases du jardinage écologique. Edisud : Aix-en-Provence, 2007, 175p (Le choix durable)

  • PÉPIN D. CHAUVIN G. Coccinelles, primevères, mésanges... La nature au service du jardin. Terre Vivante : Mens (France), 2008.

  • « L’utilité des mauvaises herbes : faites travailler les plantes à votre place », Agriculture écologique, d’après les recherches de Joy Griffith – Jones, chez édisud

 

Sites Internet

Novembre 2015

Commentaires

Portrait de Collectif Cultures Urbaines

Réunion d'organisation du Troc Vert du 18e 2013 ! :

Bonjour !
Nous préparons le second troc Vert du 18e qui devrait avoir lieu le 26 mai prochain au même endroit que l'année dernière, à l'angle des rues des Poissonniers et Poulet.

 

Pour en parler, nous vous convions à une réunion le 31 mars dans les locaux de Graine de Jardins à 14h30 ( 21 rue de Jessaint ).
Cette réunion sera suivi d'une petite balade dans les jardins partagés du quartier.

Merci de nous tenir au courant de votre venue.

Et si jamais vous tenez férocement à participer à l'incroyable Troc Vert du 18e mais vous n'êtes pas libre ce jour-là… Contactez-nous par mail ou via FB ! (Et faites passer l'info…)

Cordialement,
Caroline et Jacky

PS: commencez dès maintenant vos semis et boutures !

Portrait de Charlotte Elle

Fleurs spontanées :

Oh surprise... j'ai laissé pousser dans ma jardinière des feuilles que je ne reconnaissais pas et j'ai eu le plaisir de découvrir, une fois en fleurs, de beaux coquelicots !

J'ai bien eu raison de ne pas les arracher :-)

 

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