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Végétaliser sa façade

3 acteurs sont intéressés
Mots clefs : bricoleur, créatif, expert, jardinier
Après l'ère du béton qui a envahi les villes, créant des îlots de chaleur et nuisant à la biodiversité, place à un bon coup de peinture en végétalisant les façades. Durée de vie garantie : le vert est la couleur de notre siècle.

L'essentiel

Quelques bonnes raisons de végétaliser sa façade

  • Pour vous sentir l’âme d’un héros en offrant un hébergement aux animaux sauvages de la capitale
  • Parce qu’améliorer son isolation en faisant pousser de la vigne vierge, ça marche
  • Parce qu’un peu de vert dans votre quotidien ça rendra le crépi un peu plus joli

Brève définition

La végétalisation des façades est une façon de renforcer la biodiversité sur le bâti en créant un espace propice au nourrissage, à la nidification et au refuge d’un grand nombre d’espèces animales. La végétation permet de mieux réguler la chaleur en ville, et l’isolation du bâtiment. Cela habille aussi esthétiquement votre immeuble.

Le saviez-vous ?

Le contexte, les enjeux

  • Les îlots de chaleur sont responsables notamment d’une augmentation de la pollution ou d’une aggravation des effets sanitaires et socio-économiques des canicules. Une façade végétalisée permet de lutter contre ces phénomènes grâce à une meilleure isolation thermique.
  • Près de 3 millions de franciliens seraient confrontés régulièrement à des taux de dioxyde d’azote ou de particules fines dépassant les normes légales. Grâce aux biofiltres (plantes et bactéries), les façades végétalisées permettent de diminuer de 80% la teneur de l’air en composés organiques volatils (benzène, acétone, perchloroéthylène, etc.). La toiture végétalisée réduit donc les taux de pollution en ville.
  • Le morcellement des territoires s’accentue, ce qui laisse peu d’opportunités à la biodiversité pour circuler et se développer de manière homogène sur le territoire. Des façades végétalisées permettent de reconstituer les réseaux d’espaces verts à Paris, et s’insèrent dans le l’objectif de constitution de « trame  verte » du Plan Climat de la Mairie de Paris. 

Quelques chiffres clés

  • Plus de 2000 espèces de plantes sauvages, champignons, mousses et lichens
  • Près de 2000 espèces animales et 2 millions d’humains ! 

Petite histoire parisienne

Dans le square René Viviani du 5e arrondissement, un mur végétal a été mis en place. Un simple grillage a été posé contre un mur, et rapidement, les espèces végétales l’ont recouvert, faisant d’un simple mur de béton, un élément décoratif favorisant la biodiversité.

Ils l'ont fait

Un exemple 

Qui ? 

Musée du Quai Branly

Quoi ?

Le Musée des Arts Premiers du Quai Branly, inauguré en 2006, a mis en place sur l’une de ses façades un mur végétal. La surface végétale fait plus de 800m2, ce qui en fait un des plus grands murs végétalisés de la ville de Paris. Situé en plein cœur du 7e arrondissement et sur les bords de la Seine, il présente 150 espèces différentes et 15 000 plantes.

Le végétal a par ailleurs une grande place au sein du musée, puisque le visiteur doit, pour y rentrer, travers un jardin dense et indiscipliné, à l’image des végétations des pays lointains dont la culture est exposée dans le musée.

Où ?

Musée du quai Branly

37, quai Branly

75007 Paris

Tél. : 01 56 61 70 00

À vous de jouer

Par où commencer ? 

Organiser

1 Choisir les végétaux et le type de mur
  • 2 solutions sont possibles : une végétalisation en pleine terre (ou dans des bacs) de types plantes grimpantes ou une végétalisation suspendue (dans ce cas, les plantes ne prennent pas racines dans le sol mais poussent directement sur un substrat couvrant toute la surface du mur)
  • Identifiez les conditions climatiques du milieu (ensoleillé, ombragé, venté ou non, etc.) pour choisir les espèces végétales les mieux adaptées.
  • Faites un état des lieux du mur ou de la surface à végétaliser. Un mur sain pourra accueillir des espèces de plantes dotées de racines aériennes, de vrilles ou de ventouses qui se fixent naturellement au support. En revanche, dans le cas d’un support dégradé, préférer des espèces végétales à vrilles qui s’enrouleront autour d’un treillage ou de fils fixés à cet effet.
  • Orientez-vous plutôt vers des espèces persistantes ou semi persistantes régionales qui offrent un couvert végétal toute ou partie de l’année comme le lierre (Hedera helix), le chèvrefeuille (Lonicera sp.). Il ne faut pas pour autant exclure d’autres espèces caduques régionales ou exotiques qui peuvent offrir gîte et couvert du printemps à l'automne telles que :
    • le houblon (Humulus lupulus)
    • la Vigne-vierge (Ampelopsis sp. Parthenocissus sp.)
    • le Jasmin étoilé (Trachelospermum jasminoides)
    • la Passiflore (Passiflora sp.)
    • la Renouée grimpante (Fallopia baldschuanica)
  • Si l’espace disponible est petit, on pourra palisser des plantes grimpantes annuelles (pois de senteur, ipomées, haricots décoratifs, etc.)
  • Si la surface du mur s’y prête (attention au descellement), certaines micros fissures peuvent accueillir des espèces telles la centranthe rouge, la giroflée ou certaines fougères.
  • Il est parfois possible de végétaliser un mur à partir du haut avec des plantes retombantes ou à partir des fenêtres et balcons.
2 Démarches administratives pour obtenir l’accord
  • Vérifiez le statut de propriété du mur, consultez les concessionnaires du sous-sol.
  • Saisissez l’assemblée des copropriétaires, ou demandez l’accord du propriétaire : n’oubliez pas de faire établir un constat d’huissier sur l’état du mur.
  • Sollicitez le Maire d’arrondissement pour avis, même si les façades végétalisées en pleine terre de type plantes grimpantes ne sont pas soumises à déclaration d’urbanisme (sauf si des travaux de ravalement sont envisagés).
  • Si nécessaire, des travaux de ravalement auront été programmés et dans ce cas, une déclaration de travaux aura été déposée auprès des services d’urbanisme.
3 Etude de la faisabilité

Diagnostiquer l’état du sol qui va accueillir les plantes grimpantes : un sol de mauvaise qualité (constitué de gravats) nécessitera un amendement ou le changement d’un certain volume de terre ; une profondeur de pleine terre insuffisante pour le développement du système racinaire nécessitera la pose de jardinières ou de bacs.

4 Entretien sur le long terme 
  • Un suivi régulier de la structure et du développement des plantes est mis en place, avec les engins appropriés (nacelles), afin de ne pas laisser les plantes envahir les gouttières ou les toits.
  • Dans le cas d’un mur végétalisé réalisé à votre demande par la Mairie de paris, , un entretien courant est assuré, après les travaux,  par les services de la Ville de Paris : arrosage, taille, remplacement des végétaux.

Motiver

  • Mettez en avant les arguments écologiques et bioclimatiques : participation au renforcement des trames vertes en ville, création de lieux favorables à la faune sauvage, meilleure régulation thermique du bâtiment.
  • Montrez les photos d’autres murs végétalisés, pour souligner le caractère esthétique et l’impact positif au quotidien de la vision d’espaces verts.
  • Pour les amateurs de petites bêtes, la mise en place de nichoirs à oiseaux, à chauve-souris et de gîtes à insectes sur les murs végétalisés permettra de les attirer plus rapidement. 

Financer

  • Un mur végétalisé de type plantes grimpantes coutera 100€/m2 au minimum, alors qu’il faudra compter entre 300 et 1500€/ m2 pour la réalisation d’une végétalisation suspendue.
  • Si vous souhaitez avoir plus de renseignements, et éventuellement vous faire accompagner, adressez-vous à la Direction des Espaces verts et de l’Environnement.

Les astuces

Les clés du succès

  • Intégrez l’ensemble des occupants du bâtiment à la démarche : présentez-leur le projet, les enjeux et les objectifs si possible de manière ludique
  • Mettez en place un arrosage intégré (tuyaux microporeux) si nécessaire.
  • Suivez avec attention les cultures, particulièrement la première année le temps que les végétaux s’enracinent.

Vigilance

  • Contrôlez dans le temps la structure porteuse (treillis en fer ou autres treillages, câbles métalliques, etc.).
  • Optez pour des plantes autochtones et non-allergènes.
  • Entretenez régulièrement la structure végétalisée : les plantes grimpantes nécessitent d’être taillées régulièrement afin de ne pas atteindre la toiture, au risque de déplacer les tuiles et de boucher les gouttières et ainsi de réduire l’évacuation des eaux pluviales.

Outils et infos pratiques

Lieux de renseignement

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