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Acteurs du Paris durable - Georges Salines, Robert Barouki & Sébastien Keiff

Invité du mois

Georges Salines, Robert Barouki & Sébastien Keiff

Janvier 2017 -
Pour bien commencer l'année 2017, nous avons demandé à 3 experts de donner LEUR conseil pour préserver... sa santé tout en protégeant le climat ! Georges Salines, chef du bureau de la santé environnementale à la Mairie de Paris, Dr Robert Barouki, expert en toxicologie et alimentation et Sébastien Keiff, secrétaire général de Together France se sont prêtés au jeu.
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#1 : On bouge plus !
Par le Docteur Georges Salines

Médecin de santé publique spécialisé en santé environnement, Georges Salines dirige le Service Parisien de la Santé Environnementale. Il est également membre de la Société Française de Santé et Environnement et du comité de rédaction de la revue "Environnement, risques et santé".

Marcher, pédaler, c’est bon pour la planète et pour notre santé : en laissant au garage sa voiture ou sa moto, on n’émet pas de gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique. On ne produit pas non plus de polluants chimiques (oxydes d’azote, hydrocarbures, ozone) ou des particules fines qui sont délétères pour la santé de tous. Mais en outre, on est physiquement actif, et ça, c’est bon pour la santé de chacun.

L’exercice physique modéré est toujours bénéfique, même lorsqu’il est pratiqué dans un air pollué. Ce point est parfois mal compris. Lorsqu’on fait des efforts, la fréquence respiratoire augmente : on respire plus vite et on est donc exposé à une plus grande quantité d’air pollué. Mais les effets positifs de l’activité physique pour la santé (prévention du diabète, des maladies cardio-vasculaire, de l’obésité, du cancer…) sont plus importants que les effets négatifs liés à cette surexposition. C’est presque toujours vrai aux niveaux de pollution existant à Paris, et ceci quelle que soit l’intensité et la durée de l’exercice.

En cas de pic de pollution, il n’est pas recommandé de courir un marathon, mais on gagne presque toujours à marcher ou à faire un peu de vélo : lorsque la pollution grimpe au-delà de 75µg de particules fines par mètre cube, un sujet adulte en bonne santé peut encore faire 1h30 de vélo ou jusqu’à 10h de marche dans la journée en conservant un bénéfice sanitaire. Pour les enfants, mieux vaut alors ne pas dépasser 1h de marche ou 10 minutes de vélo. Et si on est malade, il faut consulter son médecin.


#2 : On mange mieux !
Par le Docteur Robert Barouki

Professeur de Biochimie à la faculté de médecine Paris Descartes et médecin hospitalier à l'hôpital Necker Enfants malades, Robert Barouki dirige l'unité Inserm 1124 de toxicologie et pharmacologie. Il a co-écrit "Savez-vous vraiment ce qu’il y a dans votre assiette ? Blé, lait, œufs, légumes, fruits, viandes… Enquête dans les coulisses de l’industrie agricole" .

Finis ton steak, mon fils !

Beaucoup d’entre nous se souviennent de ces injonctions parentales qui reflètent l’importance de la part carnée de notre alimentation. Comment s’étonner dans ces conditions de l’incrédulité de beaucoup de nos concitoyens lorsque le Centre International de Recherche sur le Cancer classe la viande rouge comme cancérigène probable et la charcuterie comme cancérigène certain.

Et pourtant c’est bien le cas, l’excès de consommation de viandes et de charcuteries est l’un des facteurs impliqués dans la cancérogenèse colique mais aussi dans le développement des maladies cardiovasculaires. Réduire notre consommation de viande rouge à moins de 500 g par semaine est donc bon pour notre santé.

Mais c’est aussi bon pour le climat ! En effet, le méthane engendré par les élevages est un gaz à effet de serre très puissant.

Et c’est bon pour la planète ! Il faut environ 15 kg de végétaux pour fabriquer 1 kg de viande, sans oublier la quantité d’eau considérable consacrée à l’élevage. Finalement il y a des avantages concordants à une alimentation équilibrée dont la part carnée est modérée mais de meilleure qualité. A coût constant pour le consommateur, il semble possible de concevoir un élevage respectueux de la santé humaine, de l’environnement,  des animaux eux-mêmes et du droit des éleveurs à une rémunération adéquate à la hauteur de leur technicité.


#3 : On prend enfin son temps !
Par Sébastien Keiff

Chargé de mission Agenda 21 au conseil régional de la Gironde, Sébastien Keiff est membre fondateur de Together France et dynamiseur SPIRAL : une démarche participative et ascendante de construction de programmes de coresponsabilité pour le bien-être de tous, pour aujourd’hui et pour demain.

Les grandes problématiques planétaires, climatiques, énergétiques, sociales et sociétales sont aujourd’hui connues de toutes et tous. Pourtant nous peinons à transformer réellement, à la hauteur des enjeux, les actes et décisions qui s’imposent. Tout semble à la fois nous dépasser et nous contraindre, sans voir de bénéfice à la fois pour nous et pour les autres.

En ce début d’année, voici une proposition en forme de bonne résolution pour nous reconnecter à nous-mêmes et retrouver la force et l’énergie de nous reconnecter au vivant : prendre du temps !

Cette injonction apparaît paradoxale en cette époque de course effrénée, pourtant un exercice simple peut nous y aider : se lever un peu plus tôt le matin et prendre du temps pour soi. Une demi-heure, ou une heure pour les plus courageux, et durant ce temps, seul-e, le matin, au réveil, pratiquer des activités personnelles : relaxation, dessin, soin du corps, méditation, mandala, Tai-Chi… sans écran, sans actualité, juste en tête à tête avec soi,  pour notre bien-être.

Cette petite expérience simple et positive peut être un levier puissant pour reprendre avec force et envie nos destinées en main.

 

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Mots clefs : climat, santé

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