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Acteurs du Paris durable - Steve Read

Invité du mois

Steve Read

Mars 2014 -
Thème du mois: 
Diplômé de l'Université de Greenwich dans les sciences de l'environnement et en permaculture appliquée, Steve Read a fondé en 2007 l’Université Populaire de la Permaculture, suite à son travail en permaculture urbaine à Londres. Il a assuré, dans 10 pays, plus de 80 cours certifiés de permaculture adaptés au climat de chacun : zones tempérées, méditerranéennes, tropicales et semi-arides.
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1/ Pouvez-vous nous présenter les principes fondamentaux de la permaculture ?

La permaculture est une science et un art de l’aménagement d'un territoire. Elle peut être mise en œuvre partout, aussi bien à l’échelle d’un appartement que d’une ville, d’un potager que d’une ferme... Et elle est accessible à tous. C’est un art qui vise à aménager des écosystèmes humains, éthiques, durables et robustes, qui se développeront harmonieusement avec la nature.

La permaculture cherche à concevoir des systèmes pérennes et résilients, c’est à dire suffisamment élastiques pour se rétablir ou s’adapter après des chocs et des changements. Ces systèmes génèrent, sur leur temps d’existence, plus d’énergie qu’il n’en a fallu pour les établir, les maintenir et assurer leur remplacement.

A partir d'observations et d’analyses du système existant un permaculteur fera une conception planifiée. L'objectif est la transformation du système afin qu'il soit durable, non-polluant, que les produits et leurs productions soient conformes aux principes éthiques.

La permaculture est basée sur quatre principes éthiques fondamentaux, interconnectés et interdépendants :

> prendre soin de la Terre,
> prendre soin des êtres humains,
> créer des surplus et les redistribuer,
> préserver la vie.

Tous sont d’égale importance et doivent être pris en compte de manière équilibrée dans les applications. 

Les principes éthiques sont là pour nous guider dans nos approches et dans notre sélection des techniques, stratégies, outils ou matériaux les mieux adaptés. Ils permettent à celle ou celui qui veut faire une conception en permaculture de choisir, entre les différentes approches, techniques et matériaux disponibles, ceux qui, pour leur création, destruction et transport, génèrent le moins de dépense énergétique et de pollution, nuisent le moins à la vie et préservent au mieux les ressources. Au mieux, ils peuvent orienter vers des solutions qui améliorent la qualité de vie et créent de l’abondance...

 

2/ Quelles évolutions avez-vous constatées dans cette pratique ?

Aujourd'hui, près de 30.000 personnes sont formées en permaculture et des projets émergent dans le monde entier. L'approche permacole a inspiré plusieurs mouvements comme la Transition (TransitionTowns), les Incroyables comestibles, l'agro-écologie, etc. 

 

3/ Cette technique de culture est-elle applicable partout ? Peut-elle répondre aux défis agricoles mondiaux ?

La permaculture n'est pas qu'une simple approche de la culture mais elle peut aider à répondre à ces défis.

L'approche permacole c'est de trouver les formes de culture, stratégies de gestions de l'eau, formes de constructions, stratégies économiques... adaptées aux lieux. Il est important que ces solutions soient aussi adaptées au système social dans lequel elles sont appliquées.

 

4/ Il est question de remettre l’agriculture dans les villes, quelle place pourrait-elle occuper dans un milieu urbain dense tel que Paris ?

La question est complexe. Les villes sont diverses, parfois elles ont des espaces "verts" mais souvent il y en a très peu. L'agriculture en ville est possible, sur les toits, dans les jardins, les parcs etc. On peut faire un peu de culture de fruits, de légumes et de céréales, mais ce n'est pas forcement l'approche la plus adaptée. Il faut faire preuve d'imagination : d'autres formes de cultures, comme la pisciculture, seraient peut-être plus intéressantes.

Il existe des exemples d'agriculture urbaine : les habitants de Urban homestead aux États Unis produisent 2.722 kg de fruits et légumes sur une surface de 405 m² donc plus de 60 tonnes par hectare. (source : http://urbanhomestead.org/) Imaginez la production de 1000 ha d’espaces verts dédiés.

Les forêts nourricières sont également une approche bien adaptée aux villes. Ces forêts sont un mélange d'arbres, arbustes, plantes grimpantes, plantes rampantes... Bien conçues, elles ont besoin de peu d'entretien pour obtenir une bonne productivité.

On peut aussi imaginer des fermes aux alentours de la ville produisant pour les citadins,  des espaces verts en ville à la fois productifs et de loisirs.

Le sujet est vaste et complexe et implique des choix de société : transport et place de la voiture en ville, répartition des habitants entre ville et campagne, stratégie industrielle...

Pour en savoir plus sur la permaculture :

Site de l'Université populaire de la permaculture. Vous y trouverez les annonces pour nos cours d'initiation et nos cours de 10/12 jours de la permaculture appliquée.

Site de Steve Read

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Mots clefs : expert, jardiniers, biodiversite

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Steve nous fera le plaisir de nous rendre visite à la Maison des Acteurs, pour une conférence débat le 22 mars.

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