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Acteurs du Paris durable - Retour sur le Prix des Femmes Marjolaine 2016

Retour sur le Prix des Femmes Marjolaine 2016

le 11 | 10 | 2016 par
Pour celles qui cultivent un monde durable

Créé en 2013 par la Spas, le WECF France (Women in Europe for a Common Future) et l’agence RUP (Relations d’Utilité Publique), le Prix des Femmes Marjolaine valorise des projets portés par des femmes et/ou à destination des femmes qui sont exemplaires dans les domaines de l’agriculture, de l’alimentation et de la lutte contre les changements climatiques. La participation de RESOLIS dans l’organisation du Prix des Femmes Marjolaine depuis 2014 s’inscrit dans une logique de capitalisation, de diffusion et de valorisation d’initiatives pionnières en matière d’agriculture et d’alimentation.

Dans la perspective de la tenue de la 22e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP22) au Maroc en novembre-décembre 2016, les organisateurs ont décidé d’intégrer une nouvelle catégorie pour cette 4e édition du Prix des Femmes Marjolaine, centrée sur les pays de la MEDCOP. La contribution à la lutte contre le changement climatique fera partie des principaux critères de sélection.

 

Cérémonie de remise des Prix des Femmes Marjolaine

La cérémonie de remise des Prix des Femmes Marjolaine s’est tenue le mardi 04 octobre 2016, de 17h à 19h15, à la Maison des Acteurs du Paris durable. Plus de quatre-vingt personnes sont venues féliciter les lauréates et écouter les différents intervenants.

> Lauréate du Prix des Femmes Marjolaine, catégorie « Agriculture France » : Association pour la Valorisation Economique des Initiatives Rurales (AVENIR 59/62) pour son projet « Accompagnement et mise en réseau de femmes agricultrices ».

L’association accompagne des personnes souhaitant s’installer en agriculture paysanne dans le Nord et le Pas-de-Calais, en prenant en compte les questions de genre dans cet accompagnement.

Prix remis par Marine Sanvelian (Responsable marketing à MiiMOSA), à Eglantine Dehan (Porteuse de projet en maraîchage bio et Bénévole de l'association AVENIR)
Leur fiche dans l’Observatoire RESOLIS


> Lauréates du Prix des Femmes Marjolaine, catégorie « Alimentation France » : le Pain de la Liberté pour son projet de produits bio, sans gluten et au féminin.

Cette coopérative boulangère, entièrement biologique spécialisée dans les intolérances alimentaires, vise à favoriser l’entrepreneuriat au féminin, la gouvernance démocratique de l’entreprise, l’approvisionnement biologique en circuit-court direct des agriculteurs et la coopérative d’insertion.

Prix remis par Peggy Sadier (Responsable marketing et relation client chez naturéO), à Katie et Aurélie de Magalhaes (Coopératrices du Pain de la liberté)

Leur fiche dans l’Observatoire RESOLIS

 

> Lauréate du Prix des Femmes Marjolaine 2016, catégorie « Agriculture et/ou Alimentation -Méditerranée » : la coopérative Tighanimine au Maroc pour son projet de laboratoire contrôle qualité de l’huile d’argan Fairtrade.

Tighanimine est une coopérative de femmes dans la région d’Agadir au Maroc. Les femmes y produisent de l’huile d’argan certifiée « Fairtrade ». Ce projet vise à l’équiper d’un laboratoire de contrôle qualité et d’un responsable de laboratoire afin de s’engager dans une démarche d’amélioration continue de la production de produits à base d’argan.

Prix remis par Fawzia Baba Aïssa (Chargée du développement au Fonds des Femmes en Méditerranée), à Marie Kacou (Chargée d’études pour DIVERS’ETIK)
 
 

> Lauréate du Prix des Femmes Marjolaine, catégorie « Agriculture et/ou Alimentation -Solidarité Internationale » : le Centre d’Ecoute et d’Encadrement pour un Développement Durable (CEEDD) pour son projet « Une famille, un jardin pour nourrir les villes au Sénégal ».

Le projet « Une famille, un jardin pour nourrir les villes » porté par le CEEDD vise à former 360 femmes en micro-agriculture urbaine, transformation et conservation des produits, gestion organisationnelle et communication.

Prix remis par Mathilde Bois-Dubuc (Déléguée Générale de la Fondation RAJA-Danièle Marcovici) à Oumy Seck (Présidente du CEED)

Leur fiche dans l’Observatoire RESOLIS

Une vidéo de présentation


Cette soirée de remise des Prix a également été l'occasion d'écouter différents intervenants et de participer à 2 tables rondes.

Patricia Berthomier-Massip (Présidente de SPAS Organisation), Soumia Malinbaum (Membre de RESOLIS) et Vincent David (Fondateur de l’agence Relations d’Utilité Publique) ont expliqué leur attachement au prix : valorisation des femmes agissant dans les domaines de l’agriculture et de l’alimentation responsables et durables, contribution aux réflexions sur la lutte contre les changements climatiques et pour un développement durable et plus égalitaire, capitalisation des expériences de terrain novatrices et inspirantes…


Table-ronde 1 : En France, du champ à l’assiette, comment les femmes cultivent un monde durable ?

Cette table-ronde, animée par Pierre Hivernat, directeur de la publication du magazine en ligne Alimentation Générale, insistait sur l’importance des femmes, qui, premières concernées par les choix de consommation responsable et souvent à l’initiative de projets alimentaires, s’emploient à rendre l’agriculture et l’alimentation plus durables.

Elisabeth Pastore-Reiss, Directrice Générale Déléguée de Greenflex, nous a présenté l’enquête Ethicity menée en partenariat Kantar Media Intelligence et TNS SOFRES sur les habitudes de consommation des français en produits issus de l’agriculture biologique. L’étude portait sur 4100 individus âgés de 15 à 74 ans, et nous avons pu voir que 60,7% des personnes consultées s’engagent pour une consommation plus responsable. Les données présentées lors de la Cérémonie de remise du Prix Marjolaine correspondaient à la part des femmes sur les consommateurs interrogés. 69,5 % des consommatrices bio considèrent d’ailleurs que consommer de manière responsable, c’est consommer autrement, contre 50,5% des consommateurs. On peut également constater que les femmes sont globalement plus sensibles aux questions d’environnement et de santé et notamment aux problématiques d’alimentation saine.

Florent Guhl, directeur de l’Agence BIO, a présenté les axes d’intervention du Groupement d’Intérêt Public dont la mission est d’œuvrer au développement et à la promotion de l’agriculture biologique française. Agence BIO amplifie le développement de l'agriculture biologique en France en travaillant avec les acteurs de la transformation et de la distribution de produits bio pour conquérir de nouveaux consommateurs, notamment les collectivités et la restauration hors domicile. L’Agence BIO est en relation étroite avec les partenaires ayant vocation à contribuer au développement de l’agriculture biologique en particulier des organisations publiques, professionnelles et interprofessionnelles, chercheurs, circuits de distribution, organisations de protection de l’environnement et de défense des consommateurs. L’Agence BIO vise également à faciliter la concertation entre partenaires et contribuer à la structuration des filières, à gérer le fond de structuration des filières Avenir BIO.

Alexandra Villarroel, chargée de mission au sein de l’AFIP, l’Association de formation et d’information pour le développement d’initiatives rurales, nous a présenté l’étude CARMA (Contribution des agricultrices au renouvellement des métiers agricoles). Cette étude, qui a duré un an en 2014, apporte des éléments sur les évolutions des systèmes agricoles et le renouvellement des emplois en agriculture, en questionnant la place et le rôle des femmes dans le changement et l’adaptation des pratiques agricoles. Ces évolutions sont autant techniques, qu’économiques, organisationnelles ou encore sociales. Elle comprend l’analyse des parcours des agricultrices rencontrées, l’analyse des difficultés, besoins d’appui, de conseil et d’orientation, et dégage des pistes de réflexion utiles aux structures ayant un rôle d’accompagnement, mais constate également qu’un appui à l’engagement des femmes dans la gouvernance des instances agricoles semble nécessaire pour qu’elles y soient mieux représentées.


Table-ronde 2 : Au Sud, comment les femmes cultivent un monde durable et plus égalitaire ?

Cette table-ronde, animée par Laure Noualhat (journaliste environnement à Libération et réalisatrice), était centrée sur les pays du Sud, autrement dit les pays en développement.

Erell Tassin, étudiante à Sciences Po Paris, nous a résumé l’étude « Genre et environnement dans les pays du Sud : constats et perspectives », téléchargeable ici. Cette étude a été réalisée par un groupe d’étudiants de Sciences Po Paris à l’occasion d’un projet collectif, et par une étudiante stagiaire de Sciences Po Bordeaux, sous la coordination de RESOLIS.

Erell Tassin a rappelé les inégalités dont sont victimes les femmes : 70% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté (vivant avec moins d’1$ par jour) dans le monde sont des femmes ; elles assurent presque 70% des tâches ménagères ; sur plus de 140 délégations au Sommet sur le Climat à New York, moins d’une dizaine présentaient une femme à sa tête… Ces inégalités diminuent la résilience des femmes au changement climatique, et ce dernier impacte plus fortement les femmes que les hommes : augmentation des mariages précoces, augmentation du temps de travail, etc.

Il serait cependant très réducteur de s’arrêter à cette vision de femmes victimes ; elles sont des actrices incontournables dans plusieurs secteurs majeurs dans la lutte contre le changement climatique. Elles sont par exemple responsables de 60 à 80% de la production alimentaire.

Les candidatures au Prix des Femmes Marjolaine des différentes éditions ont été analysées, et un élément majeur est ressorti : les projets qui incluent fortement les femmes et affichent dès le démarrage leur volonté d’avoir un impact sur les rapports de genre, sont tout aussi efficaces dans la lutte contre le changement climatique que les autres et ils contribuent davantage à la réduction des inégalités femmes/hommes. Prendre en compte le genre dans les politiques environnementales serait ainsi un pas de plus vers la reconnaissance des aspects sociaux du changement climatique.

Mathide Bois-Dubuc, déléguée générale de la Fondation RAJA Danièle Marcovici nous a expliqué l’engagement de cette fondation à l’égard des femmes. Les femmes restent les premières victimes des inégalités, et l’égalité femmes/hommes n’est atteinte dans aucun pays dans le monde. C’est pourquoi la Fondation soutient des projets qui :

Luttent pour le droit des femmes et contre les violences faites aux femmes

Aident les femmes en difficulté à accéder à l’emploi ou à améliorer leurs revenus

Facilitent la scolarisation et la réinsertion sociale des jeunes filles et des femmes en difficulté

La Fondation a également lancé un programme « Femmes & Environnement » à l’occasion de la COP21, pour améliorer la prise en compte des enjeux de l’égalité femmes/hommes dans les débats environnementaux. Une étude sur les liens entre autonomisation des femmes et protection de l’environnement a été réalisée et présentée lors d’un colloque en décembre 2015.

Dominique Royet, directrice générale de Max Havelaar France, a rappelé l’importance des femmes dans l’agriculture dans le monde. Le cahier des charges de leur label Fairtrade incluent des critères spécifiques pour favoriser l’égalité entre hommes et femmes, et les organisations certifiées doivent proposer des programmes permettant d’améliorer la situation économique et sociale des femmes. Elles peuvent être rémunérées directement pour leur travail, gérer elles-mêmes leur activité en tant que productrices et prendre part à la gouvernance des coopératives agricoles. Reconnues, elles participent aux décisions et sont capables de prendre en main leur avenir et celui de leurs enfants, notamment à travers la scolarisation et l’accès aux soins.

Fawzia Baba Aïssa, chargée du développement du Fonds des Femmes en Méditerranée nous a ensuite expliqué la situation des femmes dans les pays méditerranéens. Les femmes n’ont toujours pas les mêmes droits que les hommes : au Maroc, seul 1% des femmes en milieu rural avait accès à la propriété. Ces inégalités compliquent considérablement leur quotidien et l’impact positif qu’elles pourraient avoir sur l’environnement. Fawzia Baba Aïssa a également rappelé que peu de fondations ont des fonds spécifiques pour les femmes. Pourtant, si l’on souhaite réellement avoir un impact durable, il faut encourager et soutenir cette mobilisation des femmes.

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Mots clefs : femmes, Environnement, agriculture, alimentation, Genre

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