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Portrait du mois

Giuseppe Caprarelli - Cyclofficine

Octobre 2012 -
Thème du mois: 
Envie de découvrir de nouvelles initiatives parisiennes autour de cet étrange instrument qu’est le vélo ? Découvrez le portrait de Giuseppe Caprarelli, Acteur du Paris durable engagé, motivé et motivant.
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Italien sans accent aucun, Giuseppe s’est installé à Paris il y a 4 ans. Depuis longtemps il s’intéresse aux modèles participatifs et notamment à celui de l’autogestion. Créer un atelier vélo autogéré, qui permette à tous les Parisiens de venir s’essayer à la mécanique et réparer leur vélo, d’acheter une vielle bicyclette recyclée, ou enfin, de passer un moment agréable en compagnie d’une équipe accueillante et chaleureuse n’a donc rien d’une surprise. Volià donc un moyen innovant d’inciter à l’utilisation du vélo,  mode de transport doux qui ne génère aucune émission de CO2 dans l’atmosphère.

Les mains dans le cambouis, sourire aux lèvres, trombone à l’oreille, Giuseppe nous fait découvrir son parcours, son association, Cyclofficine, et ses engagements. Récit.

Cyclofficine en vidéo avec EcoplusTV !


CYCLOFFICINE

L’intérêt de Giuseppe pour cette activité date d’une dizaine d’années lorsqu’il participe à la création d’un centre social autogéré à Rome. Il développe alors, avec d’autres, son premier atelier de vélo sur une friche réhabilitée par les habitants du quartier. Il y apprend la mécanique et s’essaye à la réhabilitation de centaines de vélos qu’il propose aux Romains.

« En arrivant à Paris il y a quatre ans, j’ai cherché des activités similaires à celles que j’exerçais en Italie. J’ai d’abord intégré l’équipe de Vélorution qui gère la Maison du Vélo à Bastille. Puis, nous avons souhaité aller au-delà du militantisme pro-vélo et créer un projet d’insertion professionnelle et de formation autour de cet objet. C’est comme ça qu’est née l’association Cyclofficine. »


ASSOCIATION DE RÉINSERTION À L’ESPRIT CONVIVIAL

Grâce à beaucoup d’énergie et de quelques subventions publiques, Cyclofficine voit le jour en 2009 (date à vérifier). Le cœur du projet est évidemment l’atelier vélomais l’aspect humain reste primordial, notamment à travers le côté participatif et le projet de réinsertion. Après 1 an de bénévolat au sein de l’association, Guiseppe quitte son travail et se consacre à plein temps au développement de Cyclofficine. Aujourd’hui, ils sont deux salariés au sein de cette structure, aidés par de nombreux bénévoles et amis.

 « Le terme Cyclofficine rassemble deux idées. D’une part, la pharmacie ancienne évoquée par le terme officine en français, puisque c’est un lieu où l’on « soigne » les vélos. Et, d’autre part, l’italian touch qui nous était chère (cyclo oficina signifie atelier de vélos en italien). Ce qui nous différencie des autres ateliers-vélos c’est peut-être l’aspect convivial : ici nous mettons l’accent sur l’accueil humain et la pédagogie avec les adhérents. Et c’est sûrement grâce à cela que le projet fonctionne. »


RÉPARATION ET RECYCLAGE : LES DEUX ACTIVITÉS À SUCCÈS

Installée depuis quelques mois, l’association fonctionne à plein régime. Cyclofficine peut déjà s’enorgueillir de rassembler quelques centaines adhérents : certains week-ends, elle accueille parfois plus de clients qu’elle ne peut en recevoir. Les lieux sont ouverts au public les jeudi, vendredi et samedi de chaque semaine, quand les autres jours sont consacrés aux activités administratives ou pédagogiques (prest’actions, activités avec les enfants, ateliers participatifs, etc.)

 Les ateliers de Cyclofficine proposent deux activités principales. D’une part l’enseignement de la mécanique à tous ceux qui souhaitent réparer leur vélo, ou ceux mis à disposition dans l’atelier. D’autre part, le recyclage puis la vente de vélos abandonnés, préalablement remis en état.

 « L’enseignement de la mécanique permet de diffuser nos connaissances pour  l’entretien et la réparation des vélos. Les vélos délabrés de l’atelier, récupérés dans la rue, dans les caves ou à la déchetterie, sont disponibles gratuitement ou à prix libre selon ce que chacun veut – ou peut – mettre dans l’association. Cela évite les « épaves » de vélos, et le surcoût que cela entraîne pour la Mairie de les jeter. Une fois retapés, nous les vendons à un prix « juste » : celui de nos heures de travail, qui correspond en général à une journée. »


L’AUTOGESTION : MODÈLE ÉCONOMIQUE ATYPIQUE

L’activité de Cyclofficine se soutient par elle même, en autogestion, grâce aux dons des adhérents, aux financements de la Fondation de France ou encore aux prestations de service des différentes mairies dans le cadre du dispositif Contrat Unique de Cohésion Sociale. L’objectif de l’association n’est pas de dégager le plus de bénéfices, mais de les réinvestir dans de nouveaux ateliers, de nouveaux emplois, de nouveaux projets et d’essaimer ce modèle de (auto)gestion.

« L’association fonctionne avec beaucoup de bénévoles. Ils sont la force vive des ateliers-vélos. Ce qui importe, c’est la création d’espaces ouverts à la participation. Dès que la possibilité de s’autogérer existe, la démarche bénévole fleurit. Chez nous, tout est basé sur la volonté des gens : par exemple, pour les pièces détachées chacun met le prix qu’il veut, selon ses envies. Si quelqu’un veut amener un paquet de café et des gâteaux pour payer, nous sommes ravis ! En échange, nous cherchons à ce que chacun comprenne notre activité et s’implique autant que possible : les adhérents ont un délai maximum d’un mois pour réparer leur vélo, sinon, c’est qu’ils ne sont pas assez motivés. »


LE PARIS DE DEMAIN

Constatant le succès de son association, celui des ateliers-vélos de Bastille, et le développement des pistes cyclables à Paris, Guiseppe croit à un engouement grandissant des Parisiens pour les modes des transports alternatifs à la voiture : le vélo, les transports en commun ou même la trottinette ! Autant de modes doux à essayer et à adopter !

« J’aime l’idée selon laquelle un jour, il n’y aura plus que des vélos dans la ville. Les voitures serviront à partir en balade à la campagne. Ce seront peut être même des voitures partagées, non polluantes. Je pense que c’est tout à fait réalisable.

En ce qui concerne Cyclofficine, j’aimerais installer un atelier dans chaque arrondissement, et évoluer vers un modèle de SCOP. Je rêve d’être un jour le formateur de plusieurs ateliers, de pouvoir offrir à d’autres personnes un salaire juste et que tout cela bénéficie au plus grand nombre. »


Mots clefs : cycliste, enfant, parents, bénévole

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